Cette affaire soulève des interrogations sur la sécurité des transactions et la vulnérabilité des familles aux revenus modestes.

Des billets à prix réduits pour Disneyland Paris, une vendeuse se présentant comme la sœur d'un directeur adjoint du parc et des excuses douteuses pour justifier des retards dans la livraison… Ces éléments constituent les ingrédients d'une arnaque qui a touché plusieurs parents à Creil. Selon les témoignages, la femme en question aurait déjà fait de nombreuses victimes, et certaines estiment que le nombre réel pourrait être bien plus élevé.

Une offre alléchante mais suspecte

Il y a quelques mois, des parents d'enfants inscrits à l'AFC, l'équipe de football locale, ont été approchés par cette femme via un groupe de discussion sur WhatsApp. Ce canal, initialement destiné à la communication entre les membres de l'équipe, a permis à la vendeuse de récupérer les coordonnées de plusieurs parents. Elle a alors proposé des billets à prix préférentiels pour Disneyland Paris, ce qui a immédiatement suscité l'intérêt.

Pour renforcer la crédibilité de son offre, elle a mentionné un frère qui serait directeur adjoint dans le célèbre parc d'attractions situé à Marne-la-Vallée. Cette présentation a convaincu certains parents de lui faire confiance. Cependant, après plusieurs signalements, un responsable de l'AFC a alerté les familles de ne pas traiter avec cette femme, car les offres semblaient finalement peu fiables.

Une des victimes, que nous appellerons Faïza, raconte avoir versé 200 euros pour un séjour complet. Elle a admis que les tarifs semblaient attractifs, mais elle a vite réalisé qu'elle avait été dupée.

"Je pensais que c'était une bonne affaire, mais je n'ai jamais reçu les billets"

Des excuses inquiétantes

Après avoir encaissé les paiements, la vendeuse a commencé à donner des excuses pour justifier les retards dans l'envoi des billets. Certaines victimes ont reçu des messages évoquant un décès tragique dans la famille, affirmant que son frère s'était suicidé, ce qui l'empêchait de rembourser ou d'envoyer les billets. D'autres excuses incluaient des problèmes financiers ou des urgences familiales, toutes plus invraisemblables les unes que les autres.

Une autre victime a témoigné que les versions de la vendeuse changeaient selon les personnes. "Elle a d'abord dit que son frère n'allait pas bien, mais sans mentionner qu'il était décédé", souligne-t-elle, ajoutant qu'elle avait demandé des billets pour ses enfants pour les vacances scolaires.

Un appel à la vigilance

Face à cette situation, plusieurs parents, en lien avec l'AFC et d'autres associations, ont lancé un appel à la vigilance. Ils estiment qu'il est crucial d'informer le public pour prévenir d'autres personnes de tomber dans le même piège. "Nous sommes particulièrement en colère car cette personne cible des familles qui n'ont pas les moyens d'acheter des billets au prix normal", déplorent-ils.

Bien que certains aient réussi à récupérer une partie de leur argent, beaucoup attendent encore un remboursement. De plus, l'enfant de la femme impliquée ne fait plus partie du club de football, ce qui soulève des questions sur ses intentions.

Enquête en cours

Selon les informations recueillies, trois plaintes ont été déposées au commissariat de Creil, et une enquête a été ouverte. Les autorités ont été informées que ce n'est pas la première fois que cette femme est signalée pour des faits similaires. Une victime a même évoqué un préjudice de 2000 euros dans une plainte précédente.

Choqué par ces événements, le maire de Creil, Omar Yaqoob, a annoncé que la ville allait faire un signalement au parquet de Senlis afin que la situation soit examinée en profondeur. Il souligne l'importance de protéger les familles, en particulier celles qui ont des ressources limitées, contre de telles arnaques.

Ce type d'arnaque n'est pas inédit. Ces derniers mois, des affaires comparables ont notamment visé le musée du Louvre, le plus fréquenté au monde, ainsi que le château de Versailles. En février, neuf personnes ont été mises en examen dans le cadre d'une enquête portant sur une fraude estimée à plus de 10 millions d'euros au préjudice du Louvre. L'établissement avait déjà été marqué, en octobre 2025, par un spectaculaire cambriolage dont le préjudice avait été évalué à 88 millions d'euros.